Does “la lutte continue”? The Global Afterlives of May ’68

Winthrop-King Institute International Conference, 28-30 March 2019
(Pour le Français, défilez vers le bas) 

 

Confirmed Speakers: Daniel Cohn Bendit; Mireille Rosello (University of Amsterdam); Kristin Ross (New York University)

 

May 1968 in Paris combined sufficient amounts of social agitation, youthful exuberance, imaginative political theorizing, and unconventional theatre to catch the attention of the world. What had begun as a student protest against police incursions into the courtyard of the Sorbonne soon turned into a widespread outcry for reform in multiple domains when, after some hesitation, the CGT (Confédération Générale du Travail), France’s largest union, joined forces with the students. The result was a series of national and local strikes often leading to occupations of factories and public buildings, as well as demonstrations, both for and against the disruption of the social order. Initially De Gaulle’s government seemed unable to formulate a coherent reaction to all the dissent, but finally, in response to calls for his resignation, the General made a forceful speech declaring his unwillingness to resign and his commitment to restoring public order. Shortly thereafter, the political turmoil ground to a halt, almost as quickly as it started.  

But the repercussions lasted long after the event. It brought to light long-festering tensions not just in French society and ultimately led to demands from students and workers for changes in governmental structures and policies that found echoes throughout Europe and the Americas. “Paris, Berlin, Frankfurt, New York, Berkeley, Rome, Prague, Rio, Mexico City, Warsaw,” – according to Daniel Cohn-Bendit, one of the protagonists of May’68 in Paris and founder of the “Sponti”-movement in Frankfurt, these “were the centers of a revolt that spread across the whole world and inspired the hearts and dreams of an entire generation.” Protesters felt united by their opposition against the Vietnam War; more generally they were against totalitarian political regimes of any type, fossilized traditions, patriarchal authorities, racial prejudice and sexual discrimination.

The year 2018 marks the fiftieth anniversary of these May uprisings. The Winthrop-King Institute for Contemporary French and Francophone Studies at Florida State University would like to take this opportunity to evaluate the extent to which May’68 was indeed a harbinger, whether for good or for ill, of social and cultural change. The orientation of our conference is thus not primarily toward the events of May’68 in themselves. Rather we wish to analyze the ramifications this historical moment has had for contemporary society. Did May’68 really engender a transnational, global movement? What has been its lasting societal and cultural impact on today’s world? To what extent has May’68 been used/abused by the Right or the Left? How are social and political movements today, like “Occupy Wall Street,” “Black Lives Matter,” or the “Arab Spring,” inspired by the events fifty years ago? Or, looking forward rather than backward, which of the aspects and ideas that inspired May’68 may serve as models for future activism?

To provide the fullest possible discussions of the multiple dimensions and transnational ramifications of May’68, the Institute encourages submissions of paper proposals from a variety of disciplines including sociology, psychology, philosophy, history, literature, and art history.

 

Possible paper topics may explore the impact of the ideas and practices of the ’68 movement on today’s politics, society, and culture in the following areas:

  1. Literature (e.g. Houellebecq, Olivier Rolin; Peter Schneider, Juli Zeh; Thomas Pynchon, Don Dellilo, Kathy Acker)
  2. Philosophy (e.g. Badiou, Ranciere; Sloterdijk; McKenzie Wark, Hakim Bey)
  3. The Arts in Film, Theater, and other Forms of Media and Expression
  4. Americanism and Anti-Americanism since ‘68
  5. Figures of ’68 and their Afterlife: the Activist, the Intellectual, the Hippie, the Reactionary, the Terrorist
  6. Theories of the Avant-garde
  7. Movements and Activism (e.g. “The Greens” & Greenpeace, LGBT, “Black Lives Matter,” “Occupy Wall Street,” “The Resistance”)

Three of our keynote speakers will be Daniel Cohn-Bendit, Mireille Rosello, Kristin Ross and others to be announced.

The conference will be held at Florida State University in Tallahassee, March 28-30, 2019. Conference languages will be English and French.

Please submit abstracts of 300-500 words by July 30, 2018, here: http://www.icffs.fsu.edu/conferences/may_1968.

 

http://winthropking.fsu.edu/event/may-68

 

Please contact the conference organizers for any questions that you may have:

William Cloonan (wcloonan@fsu.edu, Professor of French)

Barry Faulk (bfaulk@fsu.edu, Professor of English)

Martin Munro (mmunro@fsu.edu, Professor of French, Director of the Winthrop-King Institute)

Christian Weber (cweber@fsu.edu, Associate Professor of German)
 

Conférenciers confirmés : Daniel Cohn Bendit; Mireille Rosello (University of Amsterdam); Kristin Ross (New York University)

 

Mai 1968 à Paris a conjugué suffisamment d'agitation sociale, de fougue chez les jeunes, de théorisation politique innovatrice et de théâtre inconventionnel pour s’attirer l'attention du monde. Ce qui commença comme une manifestation étudiante contre les interventions de la police dans la cour de la Sorbonne se mua rapidement en un tollé général en faveur de la réformation de multiples domaines lorsque, après hésitation, la Confédération Générale du Travail se joint aux étudiants. S’ensuivit une série de grèves nationales et locales qui menèrent bien souvent à l’occupation d'usines et de bâtiments publics, ainsi qu'à des manifestations pour mais aussi contre la perturbation de l'ordre social. Au début, le gouvernement de De Gaulle semblait incapable de proposer une réaction cohérente à toutes les dissidences ; suite à des demandes de démission, le général affirma, lors d’un discours vigoureux, son refus de démissionner et sa volonté de rétablir l'ordre public. La turbulence politique s’apaisa peu après, s’achevant presque aussi précipitamment qu'elle avait commencé.

 

Pour autant, les répercussions de cet épisode se firent voir longtemps après sa conclusion. De fait, il  leva le voile sur des tensions présentes depuis longue date dans la société française mais aussi au-delà,  et aboutit à des revendications de la part des étudiants et travailleurs. Ces derniers réclamaient des changements dans les politiques et structures gouvernementales, et leurs requêtes trouvèrent écho en Europe et dans les Amériques. Selon Daniel Cohn-Bendit, une des figures principales de mai 68 à Paris et fondateur du mouvement Sponti à Francfort, « Paris, Berlin, Francfort, New York, Berkeley, Rome, Prague, Rio, Mexico, Varsovie » ont été « les centres d’une révolte qui s’est répandue dans le monde entier et a inspiré les cœurs et rêves de toute une génération ». Les manifestants se sentaient unis dans leur opposition à la guerre du Vietnam et, de manière plus générale, se positionnaient contre les régimes politiques totalitaires de toute sorte, les traditions figées, les authorités patriarcales, les préjugés raciaux et la discrimination fondée sur le sexe. 

            L’année 2018 marquera le cinquantième anniversaire des soulèvements de mai 68. Le Winthrop-King Institute for Contemporary French and Francophone Studies de Florida State University souhaite saisir cette opportunité pour évaluer la mesure dans laquelle mai 68 a été, en bien ou en mal, le signe avant-coureur de changements sociaux et culturels. Ainsi, notre conférence ne porte pas essentiellement sur les événements de mai 68 : plutôt, nous souhaitons analyser les conséquences de cet épisode historique sur la société contemporaine. Mai 68 a-t-il réellement engendré un mouvement transnational, et même mondial ? Quel a été son impact  sociétal et culturel sur le monde d’aujourd’hui ? Dans quelle mesure mai 68 a-t-il été usé ou abusé par la droite et la gauche ? Comment des mouvements sociaux et politiques de nos jours, tels que « Occupons Wall Street », « Black Lives Matter » ou le « Printemps arabe » se sont-ils inspirés de ces événements survenus il y a 50 ans ? Ou bien, si l’on se tourne vers l’avenir plutôt que vers le révolu, quels sont, parmi les aspects et idées qui ont inspiré mai 68, ceux qui pourraient servir de modèles pour le militantisme futur ? 

            Afin de permettre l’analyse approfondie des dimensions multiples de mai 68 ainsi que de ses répercussions transnationales, l’Institut encourage les propositions issues d’un large éventail de disciplines telles que la sociologie, la psychologie, l’histoire, la littérature ou l’histoire de l’art. Les propositions d’articles peuvent explorer les répercussions des idées et pratiques du mouvement de mai 68 sur la politique, la société et la culture d’aujourd’hui dans les domaines suivants :

  1. Littérature (ex. Houellebecq, Olivier Rolin, Peter Schneider, Juli Zeh, Thomas Pynchon, Don Dellilo, Kathy Acker) ;
  2. Philosophie (ex. Badiou, Rancière, Sloterdijk; McKenzie Wark, Hakim Bey) ;
  3. Les arts au cinéma, au théâtre, et dans les autres formes de médias et d’expression ;
  4. Américanisme and anti-américanisme depuis 1968 ;
  5. Les figures de 1968 and leur continuation après le mouvement : les militants, les intellectuels, les hippies, les réactionnaires, les terroristes ;
  6. Théories de l’avant-garde ;
  7. Mouvements et militantisme (ex. Les Verts et Greenpeace, LGBT, “Black Lives Matter”, “Occupons Wall Street”, “The Resistance”.

 

Daniel Cohn-Bendit, Mireille Rosello, et Kristin Ross seront présents en tant que conférenciers d’honneur ; le nom des autres conférenciers d’honneur sera annoncé ultérieurement.

La conférence se déroulera à Florida State University, à Tallahassee, du 28 au 30 mars 2019. Les langues de la conférence seront l’anglais et le français.

Les résumés, d’une longueur de 300-500 mots, sont à envoyer à l’adresse d’ici (http://www.icffs.fsu.edu/conferences/may_1968/index_french.cfm) le 30 juillet 2018.  

Site web de la conférence : http://winthropking.fsu.edu/event/may-68-french

 

N’hésitez pas à contacter les organisateurs de la conférence pour toute question :

William Cloonan (wcloonan@fsu.edu, Professeur de Français)

Barry Faulk (bfaulk@fsu.edu, Professeur d’Anglais)

Martin Munro (mmunro@fsu.edu, Professeur de Français, Directeur du Winthrop-King Institute)

Christian Weber (cweber@fsu.edu, Associate Professor en Allemand)