Tokyo Stories: Writing the World with Michaël Ferrier

Guest of honor: Michaël Ferrier

Invited speakers: Fabien Arribert-Narce (University of Edinburgh), Charles Forsdick (University of Liverpool), Robert Harvey (Stony Brook University), Akane Kawakami (Birkbeck, University of London)

March 24 and 25 March, 2021

A skilled and perceptive chronicler of our times, the Franco-Mauritian author Michaël Ferrier is a rising star of world literature who has remained to date largely unknown outside of the Francophone world. His work, his life is made of crossings, of time and space, cultures and languages, genres and disciplines. This conference aims to discuss and assess Ferrier’s prolific and urgent work, an ever-expanding, crisscrossing corpus that includes fiction, essays, films, scholarly articles and books, and that engages with a broad range of issues, including disaster, colonialism, memory, friendship, childhood, and Franco-Japanese relations.

Born in Strasbourg, France in 1967, Ferrier’s rich family history extends to Mauritius, La Réunion, Madagascar, and India. After something of a nomadic childhood (he spent periods in Africa and the Indian Ocean), he gained entrance to the École Normale Supérieure, at the age of 18, where he passed the agrégation in literature and graduated from the University of Paris. He is currently Professor at Chuo University, Tokyo, Japan, and director of the Research Group Figures de l'Etranger.

Ferrier engages with critical issues in France, notably those concerning national and cultural identity, and his work argues for an expansive idea of France and French history, particularly in insisting on the continuing relevance of the colonial period in the present time. Ferrier has published several novels and essays, and his work is markedly interdisciplinary: he writes on literature, art, music and philosophy. He has also become one of the leading contemporary figures writing on relations between France and Japan. His first novel, Tokyo, petits portraits de l’aube (Gallimard, 2004), was awarded the Prix Littéraire de l’Asie in 2005. He has edited scholarly works, such as La Tentation de la France, la Tentation du Japon (Ed. Picquier, 2003), Maurice Pinguet, le Texte Japon, introuvables et inédits, (Ed. du Seuil, 2009), and is the author of numerous essays, including Japon: la Barrière des rencontres (Ed. Cécile Defaut, 2009). His novel Sympathie pour le Fantôme (Gallimard, 2010) explores the contradictions and complexity of French national identity, again in a Japanese context. This novel was awarded the Prix littéraire de la Porte Dorée. He also wrote in 2012 a major study of the Fukushima earthquake, and has lectured and written on the theme of art in a time of disaster. His 2015 novel Mémoires d’outre mer was reviewed in glowing terms by Le Monde: “It is one of the contemporary paradoxes that this book moreover brings brilliantly to light: those who are nostalgic for the empire on which the sun never sets are the most likely to reject the best products of the empire today. Mémoires d’outre-mer is undoubtedly one such glittering product.”

Ferrier’s particular background and trajectory make him difficult to classify; as a writer he is constantly evolving and in movement. That said, he is very much a writer of our times: winner of the 2012 Prix Edouard Glissant, and closely acquainted with Maryse Condé, Patrick Chamoiseau, and other Caribbean authors, he is something of a “Creole” author, though again, he cannot be reduced to that, or any, category (he wrote a very fine article on “Creole Japan,” and the reception of ideas of creolization in Japan). In the preface to the translation of Mémoires d’outre mer, Chamoiseau describes Ferrier as a writer of the Tout-monde; as Chamoiseau says, Ferrier “embraces the phenomenon” of the Tout-monde.

As a writer Michaël Ferrier has the good fortune not to fit comfortably into any academic pigeonhole. He is not exactly a Francophone writer nor a French writer. One might choose to avoid controversy by labeling him a little of both, but the more radical and possibly more fruitful assessment would be to argue that by virtue of his achievements he underscores the rather superficial nature of both categories. To study his work involves in a very real sense reexamining the nature and classifications of contemporary writing in France. He is an author of novels which possess a broad historical sweep (Mémoires d’outre-mer, 2015), while at the same time he remains willing to venture into the more intimate domain of auto-fiction (François, portrait d’un absent, 2018). Having achieved success as a novelist, he continues to nurture his reputation as an insightful scholar (Japon: Barrières des rencontres, 2015). An artist working in at least three areas whose work extends over at least three nations, Michaël Ferrier persists in raising questions and examining issues of great significance to the French both as individuals and members of the global community.

We invite proposals on any aspect of Ferrier’s work, including, for example:

Ferrier as novelist
The idea of the “roman vrai”
Ferrier as essayist
Ferrier and the French essayistic tradition
Ferrier as editor
Ferrier and Frenchness
Ferrier as “Creole” writer
Ferrier the filmmaker
Ferrier and cinema
Ferrier and music
Ferrier and the senses
Ferrier and the Tout-monde
The idea of the “Coral Writers”
Biography/Autobiography
Crossings
Friendship
Family
Death
Education
Anti-colonialism
Ferrier’s Paris/Paris’ Ferrier
Disaster
Ferrier and/in Japan
Ferrier’s Tokyo/Tokyo’s Ferrier
Ferrier’s Tokyo Time Table
Ferrier in/and translation

Please send proposals for papers and panels on these and other relevant themes by 30 September 2020 by completing this Online Form.

Organizers: Martin Munro and William Cloonan.


Voyages de Tokyo: Écrire le monde avec Michaël Ferrier

Invité d’honneur: Michaël Ferrier

Conférenciers invités: Fabien Arribert-Narce (University of Edinburgh), Charles Forsdick (University of Liverpool), Robert Harvey (Stony Brook University), Akane Kawakami (Birkbeck, University of London)

24-25 Mars 2021

Chroniqueur talentueux et perspicace de notre époque, l’écrivain Franco-Mauricien Michaël Ferrier est une star montante de la littérature mondiale qui reste jusqu’à ce jour très peu connu en dehors du monde francophone. Son œuvre et sa vie sont faits de traversées dans le temps et l’espace, de langues, de genres et de disciplines. Le but de cette conférence est de discuter et d’évaluer l’œuvre prolifique et pressante de Ferrier; une œuvre en constante évolution qui est à l’intersection de la fiction, l’essai, le cinéma, d’articles académiques, de livres, et qui s’intéresse à un large éventail de sujets tels que le désastre, le colonialisme, la mémoire, l’amitié, l’enfance, et les relations franco-nipponnes.

Né en 1967 à Strasbourg en France, la riche histoire familiale de Ferrier s’étend jusqu’à Maurice, à La Réunion, à Madagascar, et en Inde. Après une enfance quelque peu nomade (Il passe des séjours en Afrique et dans l’Océan Indien), à l’âge de 18 ans il intègre l’Ecole Normale Supérieure où il passe l’agrégation en littérature, et obtient son diplôme de l’Université de Paris. Il est actuellement Professeur à Chuo University à Tokyo au Japon où il dirige le groupe de recherche Figures de l'Etranger.

Ferrier s’interroge sur des questions cruciales en France, notamment celles concernant l’identité nationale et culturelle, et son œuvre défend une approche large de la France et de son histoire en insistant particulièrement sur l’impact durable de l’époque coloniale sur notre époque. Ferrier est l’auteur de plusieurs romans et essais, et son œuvre est manifestement interdisciplinaire : il écrit sur la littérature, l’art, la musique, et la philosophie. Il est aussi devenu l’une des figures de proue contemporaines à écrire sur les rapports entre la France et le Japon. Son premier roman Tokyo, petits portraits de l’aube (Gallimard, 2004), a remporté le Prix Littéraire de l’Asie en 2005. Il aussi est l’éditeur de plusieurs publications académiques telles que La Tentation de la France, la Tentation du Japon (Ed. Picquier, 2003), Maurice Pinguet, le Texte Japon, introuvables et inédits, (Ed. du Seuil, 2009), et l’auteur de nombreux essais dont Japon: la Barrière des rencontres (Ed. Cécile Defaut, 2009). Son roman Sympathie pour le Fantôme (Gallimard, 2010), qui a remporté le Prix littéraire de la Porte Dorée, examine les contradictions et la complexité de l’identité nationale française, encore une fois dans un contexte japonais. Il est aussi l’auteur d’une étude importante sur le tremblement de terre à Fukushima. Il a écrit des articles et donné des cours magistraux sur le thème de l’art en période de désastre. Son roman Mémoires d’outre-mer, publié en 2015, a reçu une critique élogieuse du journal Le Monde: « C’est l’un des paradoxes contemporains, d’ailleurs, que ce livre met brillamment au jour: les nostalgiques de l’empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais sont les plus prompts à en refuser les meilleurs fruits aujourd’hui. Mémoires d’outre-mer resplendit d’être l’un deux, assurement.»

L’histoire et la trajectoire particulières de Ferrier le rendent difficile à classifier ; c’est un auteur qui bouge et évolue constamment. Cela dit, il est bel et bien un écrivain de notre époque : lauréat du Prix Edouard Glissant 2012 et très proche de Maryse Condé, Patrick Chamoiseau, et d’autres auteurs de la Caraïbe, il est en quelque sorte un écrivain « créole,» quoiqu’encore une fois il ne peut être réduit qu’à cela, ou à aucune catégorie d’ailleurs (il est l’auteur d’un excellent article sur « le Japon créole » et sur la réception des idées de la créolisation au Japon). Dans sa préface à la traduction de Mémoires d’outre-mer, Chamoiseau décrit Ferrier comme un auteur du Tout-monde : Ferrier « adopte le phénomène » du Tout-monde selon lui.

En tant qu’écrivain, Michaël Ferrier a la chance de ne rentrer aisément dans aucun moule académique. Il n’est pas vraiment un auteur francophone, encore moins un auteur français. L’on pourrait lui coller un peu des deux étiquettes pour éviter la controverse, mais une évaluation plus radicale et peut-être plus bénéfique soutiendrait, qu’en vertu de son œuvre, il met en relief le caractère superficiel des deux catégories. L’étude de son travail demande qu’on réexamine réellement la nature et les classifications des lettres contemporaines en Frances. Il est l’auteur de romans qui ont une large portée historique (Mémoires d’outre-mer, 2015), et, tout à la fois, il s’aventure volontiers dans le domaine plus intime de l’auto-fiction (François, portrait d’un absent, 2018). Après son succès en tant que romancier, il continue à polir sa réputation de chercheur éclairé (Japon: Barrières des rencontres, 2015). Artiste travaillant à la croisée d’au moins trois genres et dont l’œuvre couvre au moins trois nations, Michaël Ferrier continue à poser des questions et à traiter des sujets de grande importance pour les Français, aussi bien en tant qu’individus qu’en tant que membres de la communauté mondiale.

Nous invitons des propositions de communication sur tous les aspects de l’œuvre de Ferrier, y compris par exemple :

Ferrier, le romancier
L’idée du « roman vrai »
Ferrier, l’essayiste
Ferrier et la tradition essayiste française
Ferrier, l’éditeur
Ferrier et la francité
Ferrier, l’écrivain « créole »
Ferrier, le cinéaste
Ferrier et le cinéma
Ferrier et la musique
Ferrier et les sens
Ferrier et le Tout-monde
La notion des « Écrivains du corail »
La biographie/ l’autobiographie
Les traversées
L’amitié
La famille
La mort
L’éducation
L’anti-colonialisme
Le Paris de Ferrier/ le Ferrier de Paris
Le désastre
Ferrier et le/au Japon
Le Tokyo de Ferrier/ le Ferrier de Tokyo
Tokyo Time Table
Ferrier et la/en traduction

Veuillez envoyer vos propositions de communication et de panels sur ces thèmes et sur d’autres thèmes pertinents avant le 30 septembre 2020 en remplissant ce formulaire électronique.

Organisateurs: Martin Munro and William Cloonan.